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Le procès d’Andréos

Le procès d’Andréos

  : Ajouté le 17/9/2007 à 09:35 PM
 
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Pour vos vacances, si vous décidez de visiter les Îles de la mer Egée de manquez pas de faire escale à Lesbos, l’une des grandes Îles Grecques. Vous assisterez alors à un drôle de procès. Celui d’un homme, un pêcheur, accusé d’espionnage. Mais était-il vraiment pêcheur ? Etait-il vraiment espion ?

Il s’agit d’un célèbre procès antique, dont la reconstitution à lieu chaque année dans la première quinzaine de septembre. Le procès se joue à la nuit tombée, dans le théâtre antique de Touthena, sur le golfe de Yera au sud de l’île.

Mais chut !...

La scène se passe au VIII ème av JC, Les projecteurs illuminent la scène, au même moment, J-S Bach susurre ses variations Goldberg.

Sur la scène, trois guerrières, du clan des filles d’Aphrodite. Elles sont armées d’arc et de flèches. Elles accompagnent dans la salle du tribunal, un homme. Il a les mains solidement attachées. Il semble contester son arrestation et clame son innocence. Les trois guerrières le presse. L’homme faillit tomber sur une marche d’entrée, se reprend et se trouve debout, à la barre. Devant lui, trois femmes, les doyennes et notables du village. Elles sont assises sur des chaises, derrière une longue table. Elles font sévères et acariâtres. Elles sont horriblement maigres leur cheveux blancs, sont raides, rares et dépeignés. De véritables mégères, elles ont de petits yeux qui semblent se perdre dans leurs orbites, exagérément caverneuses. Elles donnent toutes les trois une impression de mères sorcières avides de vengeance.

Il s’agit de Mère Kassandra, Mère Sithonia et Mère Agiora

Sur le coté droit, un peu à l’écart, se trouve un fauteuil vide. Il n’y a aucun public dans la salle du tribunal. Un long silence, puis arrive enfin, la présidente qui n’est autre que la déesse Aphrodite, reine des reines. Tous se lèvent pour la fille de Zeus, elle est très belle, un charme très authentique et non antique. Elle s’asseoit gracieusement sur le fauteuil réservé.

-« Qui es-tu et que viens-tu faire à Lesbos, qui t’envoie s’écrit brusquement Mère Sithonia au prisonnier? »

-« Je suis Andréos, je suis pêcheur, je viens de Samos et je suis à la recherche de mes cousins qui ont fait naufrage, voilà sept jours prés de Île.

-« Tu mens, hurla Mere Kassandra ! »

-« Il n’y a pas d’homme à Lesbos, ricane Mère Agiora, Avoue que ce sont elles, les filles de Saphos, ces chiennes qui t’envoient nous espionner ? »

Il faut préciser que les clans Aphrodite et Sapho qui elles, sont installées dans le Golfe de Kaloni, ne s’aiment pas, elles se jalousent, se détestent se haïssent au point d’entrer très souvent, en conflit. Les raisons ? On n’en connait pas. Le savent-elles elles même ? En tout cas c’est toujours pour des futilités, On pensait même à la longue, qu’elles avaient fini par s’entretuer définitivement.

-« Puis-je me permettre, demande Andréos ? »

-« Quoi, firent ensembles les trois féroces ?

Andréos, s’adressant à la reine des reines :

-«Ma noble Dame, déesses de l'amour et de la beauté, fille de Zeus, reine des cieux et du peuple puis-je connaître votre avis sur ma détention, la croyez-vous justifiée? »

-« Assez, fulmina Mère Sithonia, maintenant, tu deviens incorrect, tu sais parfaitement que la déesse Aphrodite ne peut parler. Depuis sa naissance, notre reine a été privée de l'usage de la parole! »

C’est la consternation dans le public du théâtre qui, ensemble s’écrit :

-« Quoi, Aphrodite est muette, où sommes nous tombés ? »

-« Exact, notre reine ne peut parler, mais ses gestes, ses mains parlent pour elle, ses expressions sont dans son visage, dans ses yeux, son corps entier discute, mais voilà qu’elle s’exprime, écoutons là ! »

La reine se remue sur son fauteuil, se lève dans une ondulation sublime, ses bras bougent, ses mains s’agitent, elle parle, son corps parle.

Alors Mère Sithonia traduit :

-« Silence! la reine parle, elle dit :

« Je suis.. Aphrodite, reine des.. reines, et.. je.. confirme les... con..

-« Répétez ma reine j'ai pas bien compris! »

-« Les con..damnations.. imm..édiates de ..cet espion.. Il sera pré…cipité du haut de la fa..laise de Leucade. Vous me rappor...terez et je l'exige, sa tete..et tous ses.. mem…bres.. ! »

La grande reine accélère ses frétillements elle semble très en colère :

-« Quant à Sa..pho et ses chiennes de filles, je les acc..usent de vol, de tra..hison. Nous les comba..trons et nous les har..celerons sans relache jusqu'à la der..nière... »

-« Pas si vite oh ma reine! »

-« leur village sera brulé, et les prisonnières serons nos exclaves, les blessées seront ent..errées vi..vantes et les res..pon..sables seront brulés. Notre combat sera vio..lent. On commencera par les catapultes, Jets de sable brûlant, nuées de flèches en..flamées, et on les fini..ra au corps à corps! »

La reine s'écroula d'épuisement sur son fauteuil avec quelques sursauts.

-« Enfin, on va en finir avec les Sapho, crachèrent les trois Mères.

-« Vous êtes tous de dangereuses folles se défend Andréos, puis il tente une issue :

-« Mais pourquoi ne pas vous entendre avec vos consœurs, essayez de jumeler vos deux villages, pour vous développer, vous enrichire, vous instruire !.. »

-« Nous entendre avec Sapho, grimaça mère Kassandra, alors qu'elle n'entend pas! Toutes les trois s'esclaffèrent bruyamment ! »

-« Comment, elle n'entend pas interroge Andréos? »

-« Parce qu'elle est sourde comme un pot! Et des deux oreilles!»

La foule ensemble :

-« Quoi, Sapho muette, où sommes nous tombés. L’une sourde, l’autre muette. C’est l’évidence, elles ne pourront jamais s’entendre ! »

La sentence du prisonnier arrive finalement de la bouche même de la reine, ou, plutôt de son corps frémissant.

-« C’est jugé, s’écrièrent les trois vipères, tu es coupable de haute trahison. Honte à toi d’avoir pris comme excuse de ton intrusion dans l’île, tes cousins, que tu voulais nous faire croire naufragés.

-« Et la sentence, oh notre reine, vite la sentence ! »

La reine remua à peine son petit bout de doigt :

-« Hourra, s’exclamèrent les trois perfides, la condamnation supprème : la castration !!

La foule ensemble, scande :

-« la grèce, la grèce, la grèce, la grèce !….(non, non, ils veulent dire, la grace, la grace, la grace, la grace…).

Deux heures et demie après, le spectacle se termine, sous de chauds applaudissements et sur une chanson de Dalida, reprise en cœur par les spectateurs :

Noyés de bleu sous le ciel grec
Un bateau, deux bateaux, trois bateaux
S'en vont chantant
Griffant le ciel à coups de bec
Un oiseau, deux oiseaux, trois oiseaux
Font du beau temps

Mon Dieu que j’aime

[1] [2] Ce port du bout du monde
Que le soleil inonde
De ses reflets dorés…

Le spectacle est gratuit, mais il vous faut vite réserver à l’avance. Les trois milles spectateurs sont ravis. Ils se souviendrons et reviendrons dans le théâtre antique du petit Dionysos.

Bonne vacances !

F I N

Lucien Ruth (05 Août 2007)

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A propos du blogueur

Je suis Lucien, retraité,blogueur depuis Seprembre 2007. Je suis un passionné d'écriture de la photo et de la peinture, mes journées son bien occupées. Faire ce que l'on a envie de faire, une chance inouie. un regret, ne pas avoir appris la musique.

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