-« Le peintre :
Le temps aujourd’hui ne pleure pas, il est lumineux et très en couleurs. C’est l’instant de le cueillir, croquer le paysage plein soleil. Voilà, tout est là, mon chevalet ma toile, mes pinceaux, mes tubes et mon inspiration. Je m’installe sur cette butte en herbe.
-« Le photographe :
Le temps aujourd’hui, ne pleure pas. Il est lumineux et très en couleurs. C’est l’instant de le cueillir, tirer le paysage plein soleil. Voilà, tout est là, mon appareil, mes piles, mon trépier et mon talent. Je m’installe sur cette butte en herbe.
Le peintre :
-« bjour Mr le photographe ! »
Le photographe :
-« bjour Mr le peintre ! »
Ensemble :
-« Que faites vous si tôt le soleil levé ? »
Ensemble :
-« je viens me servir un carré de nature ! »
Le peintre :
-« Moi je prends mon temps. Voyez vous cette feuille pendue au bout de cette branche d’arbre de bois? »
Le photographe :
-« Oui, je vois l’arbre et son tronc d’arbre! »
Le peintre :
-« de quelle couleur est-elle ? »
Le photographe :
-« Je ne m’en souviens plus ! Et vous Monsieur le peintre voyez vous cette bonne vache broutant l’herbe à brouter?
Le peintre :
-« Euh, non, je ne vois maintenant que le prés en herbe, que s’est-il passé ? »
La vache de très mauvais cuir :
-« Je n’ai pas que çà à faire ! »
Le photographe :
-« La vache broutant l’herbe à disparue, vous ne l’aurait pas sur votre toile. Vous êtes trop lent ! »
Le peintre :
-« Et vous, trop rapide, vous n’avez pas vu la feuille pendue ! »
Le peintre, le pinceau rageur :
-« Je vous caricature Monsieur, je vous charge, je vous parodie, je vous grotesque, je vous satyre ! »
Le photographe, l’index en furie sur le déclencheur :
-"Et moi, je vous vole Monsieur, votre âme, vos idées, votre talent, vos couleurs, vos muses ! »
De ses pinceaux, le peintre agresse via sa toile, le photographe tandis que le photographe s’acharne à mitrailler le peintre.
Arrive sur la butte herbeuse, le père Félicien Falconnet de la paroisse de Bessel. Il est accompagné de son enfant de cœur qui balance en direction des deux oposants son encensoir, tout fumant d’encens.
Le curé de Bessel, Félicien Falconnet, prie dans sa bouche on ne comprend mots:
L’abbé, Félicien Falconnet terminant :
-« Amène ! »
La vache à lait :
-« Je veux être béni ! Prier pour moi l’abbé, afin que je reste toujours bonne vache et que l’herbe que je mâche soit toujours bonne herbe que ma bouse sorte toujours bonne bouse et surtout débarrassez moi de ma butte herbeuse, ces deux fous furieusement fous. J’en ai le lait qui tourne, il faut que je l’apaise et le double, l’abbé, envoyez moi plutôt, un poète récitant ! »
F I N
Lucien Ruth (29 Août 2007)